Les enfants du Bassac – Cambodge – 2005/2010

November 3rd, 2011

C’est en 2002, dans un bidonville en plein centre de Phnom Penh, que la troupe « the Children of Bassac » est née. Six ans plus tard, la persévérance et l’entrainement de ces enfants de la misère gagne une reconnaissance  internationale avec une invitation au festival britannique WOMAD.

 

Photo :  au troisième étage du « building blanc”, un bidonville en plein cœur de Phnom Penh, les enfants s’entraînent. Phnom Penh, Cambodge, 2007.

« Les enfants étaient motivés, mais il était difficile pour eux d’arrêter de sniffer de la colle », raconte avec un air grave Maître Ieng Sithul, un célèbre artiste Cambodgien. L’homme est arrivé voilà quelques minutes dans cette pièce au troisième étage d’un bâtiment situé en plein centre de Phnom Penh, Cambodge. Le « building blanc », comme on l’appelle ici, est vieux, dilapidé, noirci par les feux de cuisine au charbon. Le long des murs décrépis, les hommes en quête de prostituées « pas cher » viennent dépenser quelques riels (monnaie locale) tandis que les drogues circulent dès la nuit tombée.

 

Photo :  sous la direction de Thyda Nop, une danseuse de l’Université Royale des Beaux Arts, les enfants répètent les danses traditionnelles. Phnom Penh, Cambodge, 2005.

C’est ici, dans cette ambiance lugubre que Ieng Sithul a décidé, en 2002, de créer une association afin d’enseigner aux enfants la danse, le chant, la musique et le théâtre. Il a loué un appartement et, aidé par 4 artistes de l’Université Royale des Beaux Arts, a commencé les cours. Chaque jour, vers 17h, la musique et les chants emplissent les couloirs sombres tandis que les danses attirent des curieux, miséreux et emplis d’ennui.

 

Photo : Chanty, une jeune chanteuse de la troupe, mélancolique sur le balcon de la pièce louée  par Ieng Sithul. Phnom Penh, Cambodge, 2007.

Malgré deux première années difficiles, la persévérance, la discipline, les heures d’entrainements quotidiennes et la grande qualité de l’enseignement ont porté leurs fruits. Après avoir fait leurs gammes lors de mariages ou de fête de village, les danseurs du bidonville sont invités à se produire lors du festival WOMAD (World Music, Art and Dance), le plus important rassemblement d’artistes venus du monde entier qui se déroule au Royaume Unis chaque année.

 

Photo :  les enfants et leur professeur, Thyda Nop, dans le bus qui les emmènent au restaurant où ils vont présenter un spectacle. Phnom Penh, Cambodge, 2007.

« Je compte les jours ! C’est un honneur pour moi de représenter l’art Khmer à l’étranger» dit fièrement Hou Chey Chanrith, un danseur de 21 ans. Aucun d’entre eux n’a jamais traversé les frontières du Cambodge. « Je ne voulais pas que les enfants vivant ici perdent leur temps et deviennent des brebis égarées » déclare Maître Iend Sithul. Assis autour de lui dans cette petite pièce où ils se sont entraînés dur pendant des années, les enfants regardent avec respect l’homme qui leur a offert un futur.

 

Photo :  dans les coulisses du théâtre Sovanna Phum, la troupe « the Children of Bassac » se préparent pour une répétition  du spectacle avant de s’envoler pour le Royaume Unis. Phnom Penh, Cambodge, 2008.

Les photos ont été prises entre 2005 et 2008. Deux reportages ont été effectués en collaboration avec le Cambodge Soir Hebdo (juillet 2008 et Septembre 2008) et écrits par Ung Changsophea, journaliste.

Afin de visualiser les 50 images, cliquer ici.

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