Mékong barrage – La Mekong River Commission peut-elle sauver le Mékong ? – 6 décembre 2011

December 6th, 2011

« Le Laos a le droit de construire le barrage car celui-ci est situé sur son territoire. Nous ne nous opposerons pas à ce projet ». Par cette déclaration faite au Bangkok Post le 1er décembre, le ministre des Ressources Naturelles et de l’environnement thaïlandais, Preecha, a souligné une réalité : aucun des quatre membres de la Mekong River Commission (MRC), Thaïlande, Cambodge, Laos et Vietnam, ne peut imposer l’arrêt du barrage Xayaburi sur le Mékong au Laos. Aucun pays n’a le droit de veto. La MRC est un organisme de consultation et de recherche et n’a aucun pouvoir pour régler un problème multinational.

 

Photo :  à la tombée du jour, sur l’île de Koh Trong, au milieu du Mékong, une famille rassemble le riz. Cambodge, Novembre 2011

Alors, quand 22 589 personnes de 106 pays différents soumettent une pétition au Premier ministre Laotien afin que celui-ci annule la construction du barrage Xayaburi, qu’espèrent-ils ?

Chacun d’eux appelle au sens de la morale du gouvernement laotien parce que c’est la seule chose qui, aujourd’hui, peut sauver le Mékong. Malheureusement, comme beaucoup d’autres gouvernements, le Laos ne semblent pas guider par une noble cause.

1-    Dans sa dernière évaluation récemment publiée, Transparency International classe le Laos parmi les 25 pays les plus corrompus au monde.

2-   En mai 2011, le Laos a engagé la compagnie Suisse Poyry Energy AG pour entreprendre une évaluation du projet. Cette compagnie a été accusée d’avoir des intérêts communs avec la société Thaïlandaise Ch Karnchang choisit pour construire le barrage et avec laquelle un autre projet est en cours : le barrage Nam Ngum 2. Le rapport publié par la firme suisse a été fermement critiqué par l’ONG International Rivers : « il serait irresponsable que le Laos et les autres pays du Mékong supportent la construction du barrage Xayaburi en s’appuyant sur les fausses déclarations de ce rapport. » (IR, communiquée du 9 novembre 2011).

3-   Même si aucune décision n’a encore été prise en ce qui concerne le barrage, le Laos a déjà commencé des travaux sur le site et a rencontré des villageois afin de les prévenir de leur prochain relogement.

 

Photo :  au nord de Stung Treng, au Cambodge, des enfants s’amusent dans les eaux du Mékong. Novembre 2011.

Demain, à Siem Reap, le 7 et 8 décembre, la MRC rassemble ces membres pour une réunion au niveau ministérielle. Une décision doit être prise. Si celle-ci s’oppose au barrage Xayaburi, cela sera t-il suffisant pour stopper les plans de construction du Laos ? Pas sur. Dans un article publié le 12 novembre sur le site internet de The Economist, Banyan écrivait : Que les voisins en aval du Laos [Cambodge et Vietnam] n’oient aucun moyen de stopper ces plans montrent la limite de la coopération régional. La Mekong River Commission, tout comme l’ASEAN, permet la consultation, un processus et des consensus. Mais aucun membre n’est prêt à céder sa souveraineté nationale, même sur une question aussi manifestement multinationale que le Mékong ».

 

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