Pêche en lagon – Côte est Madagascar

August 24th, 2015

Dans un rapport* publié dans « Marine Policy » en 2011 intitulé : « Pêche non déclarée, population affamée, troubles politiques : la recette pour une crise de la sécurité alimentaire à Madagascar ? », Frédéric Le Manach*, de l’université de Plymouth, concluait : « compte tenu de la forte dépendance vis à vis des ressources marines pour la sécurité alimentaire fondamentale, principalement grâce à la pêche à petite échelle, dans un pays avec peu ou pas de moyens de subsistance alternatifs, il est suggéré que la pêche artisanale durable soit considérée comme une question de droits de l’homme, prioritaire par rapport à la pêche commerciale à l’exportation et la pêche étrangère ».

Les scientifiques et les chercheurs continuent de publier des études alarmantes, les politiques font de leur mieux pour les ignorer.

Pendant ce temps là, Palilo et Patou viennent “chaque jour que la vie fait” dans le lagon de la presqu’île de Mahela, sur la côte est de Madagascar. Ils pêchent ce qui reste pour nourrir la famille.

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Derrière la barrière de corail, le grand océan annonce le large. Entre cette barrière et la côte, le lagon offre un aire de pêche moins tumultueuse, moins dangereuse.

Papilo et Patou, venu du village de Analandrafia,  pêchent dans le lagon de la presqu'île de Mahela, à Manompana. Madagascar, octobre 2012

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Armés d’un filet de pêche, de harpons et de masques, Palilo et Patou, venus du village de Analandrafia, arpente le lagon. Ils posent le filet à différents endroits pendant des heures.


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Alors que Palilo étale le filet au dessus des coraux, Patou lance des bouts de roche, frappe la mer de ses bras, nage afin d’effrayer les poissons et les diriger vers les mailles du filet.

Papilo et Patou, venu du village de Analandrafia,  pêchent dans le lagon de la presqu'île de Mahela, à Manompana. Madagascar, octobre 2012

Papilo et Patou, venu du village de Analandrafia,  pêchent dans le lagon de la presqu'île de Mahela, à Manompana. Madagascar, octobre 2012

La pêche n’est jamais exceptionnelle. Juste de quoi survivre. Les deux hommes reconnaissent que les quantités pêchées diminuent chaque année.

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Ils avancent avec leur filet et piétinent les coraux. Ils savent que c’est destructeur. Ils brisent, cassent un élément essentiel de cet écosystème. Tous deux sont illettrés mais ils ont une connaissance de l’environnement acquise à l’écoute des anciens et aux heures de pratique. Mais comme ils le disent : “qu’est ce qu’on peut faire d’autre pour nourrir notre famille?”

Papilo et Patou, venu du village de Analandrafia,  pêchent dans le lagon de la presqu'île de Mahela, à Manompana. Madagascar, octobre 2012

Papilo et Patou, venu du village de Analandrafia,  pêchent dans le lagon de la presqu'île de Mahela, à Manompana. Madagascar, octobre 2012

Repéré dans une crevasse, un poulpe vient d’être délogé.

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Un autre poulpe se recroqueville à la pointe du harpon (à droite). Celui-ci est un juvénile mais ne sera pas relâché. La préservation de l’environnement et la faim ne sont pas compatible.

* : “Unreported fishing, hungry people and political turmoil: the recipe for a food security crisis in Madagascar?”

Frédéric Le Manach : Faculty of Science and Technology, University of Plymouth, Drake Circus, Plymouth PL4 8AA, United Kingdom.

Charlotte Gough, Alasdair Harris et Frances Humber : Blue Ventures Conservation, Aberdeen Centre, London, N5 2EA, United Kingdom.

Sarah Harper  et Dirk Zeller : Sea Around Us Project, Fisheries Centre, University of British Columbia, 2202 Main Mall, Vancouver, Canada V6T 1Z4.

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