Projet “Kayak année 1” – Baleines à bosses – Madagascar – Cetamada 2016

August 5th, 2016

          Afin d’étudier un comportement animal, il faut l’observer. Les scientifiques qui étudient les baleines à bosses à Madagascar ont donc un soucis : 90% du temps, l’animal nage sous la surface. Les enregistrements sonores et vidéos sous-marines sont donc indispensables afin d’améliorer les connaissances et donc la protection du mammifère marin. Mais comment s’approcher sans déranger? Les Inuits utilisaient le kayak pour naviguer sans bruit près de leur proie. Le projet “Kayak année 1” utilisera la même méthode afin de filmer et enregistrer un géant des mers.

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Photo : à Madagascar, l’équipe de l’association Cetamada et sa leader, Anjara Saloma, en action lors de la pose par ventouse d’une sonde acoustique sur le dos d’une mère (photo tirée d’une vidéo Cetamada).

          Etudier les baleines à bosses, c’est comme étudier les éléphants du fond d’une marre. Vous apercevriez les trompes uniquement  lorsque le pachyderme viendrait s’abreuver. Une journée en mer pour les scientifiques qui étudient les cétacés c’est : parfois un souffle, parfois un saut, parfois rien. Parfois la chance de pouvoir observer un moment la Megaptera si elle paresse à la surface.

Chaque groupe de chercheurs à travers le monde expérimente afin d’augmenter le temps d’observation : caméra sous le bateau, drone, Go pro fixée sur sonde acoustique,  ils tentent pour filmer l’animal sous des angles différents afin de répondre au multiples hypothèses qui jalonnent la recherche sur les cétacés.

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Photo : Le kayak est constitué d’une ossature en bois (du frêne) et d’une toile en hypalon. Différents matériaux mais même conception mise en place par les Inuits voilà 4000 ans. 

          Pour chasser le phoque, la baleine ou l’ours, les peuples autochtones des régions arctiques (Inuits) ont élaboré le kayak (Qajaq en langue Inuktitut). Faire corps avec le bateau, glisser sur l’eau, s’approcher en silence, accompagner, attendre le bon moment… Puis frapper. Cette méthode de chasse, l’équipe du projet “Kayak année 1” l’imitera afin de venir au plus près. Un système en aluminium sera calé sur la hiloire du kayak afin de pouvoir fixer une caméra à 60cm sous la surface. Cetamada, organisation malgache dont l’objectif est la préservation des mammifères marins et de leur habitat, fournira un hydrophone afin d’enregistrer la communication entre la mère et son baleineau et le chant des mâles.

Vidéo : réalisé en 2014 sur le travail de Cetamada (3mn). Copyright : Jeanloncle/Cetamada

A bord du kayak, Charlotte Blan (cofondatrice de Oceanica Prod, réalisatrice, plongeuse professionnelle, photographe et camérawoman sous-marin) et Jean Loncle (photojournaliste, photographe sous-marin, plongeur, apnéiste et kayakiste) seront formés au protocole scientifique par Anjara Saloma, leader des programmes scientifiques de Cetamada.

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Le camp de base est situé sur le lieu d’étude de l’association Cetamada, là où les baleines à bosses viennent se reproduire et mettre bas entre juin et septembre de chaque année : l’île Sainte Marie (photo ci-dessus), située le long de la côte est de Madagascar. Avec l’aide du centre de plongée Bora Dive, l’association et son équipe met à disposition ses infrastructures et son expérience.

 

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Après plusieurs mois d’essais dans la baie de Saint malo, en France, le projet est en cours et se déroulera de la mi-août à la fin septembre 2016.

Copyright : La photo d’illustration sur la page d’accueil est tirée d’une vidéo appartenant à l’association Cetamada.

Le suivi du projet sera posté sur ce site.

 

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